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Sans
avoir demandé à y être, nous y sommes ; sans avoir choisi le lieu ou
l'époque, nous y demeurons, avec chaque jour la soif de savoir davantage sur
les raisons qui nous y ont conduits. Épris de vérité mais à la fois enivrés
de ses charmes, nous voyons transparaître en elle un dilemme :
devons-nous chercher à mieux la comprendre ou à mieux la vivre ?
La vie.
La vie - biologique, spirituelle,
intellectuelle, affective, sociale, - anime l'univers tout entier en
colonisant le néant, son réceptacle. Sans cesse détruite et renouvelée, sans
cesse choyée et rejetée, elle s'organise et se mue, s'adapte et échange,
mémorise et s'efface, d'êtres en êtres, de mondes en mondes.
La vie est
fleur du cosmos.
Thierry
Ethève 2011
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On
se demande bien en quoi la métaphysique pourrait aujourd'hui aider l'homme
en proie aux questions existentielles qui le hantent depuis si longtemps.
Les auteurs qui ont participé à la réflexion métaphysique, et principalement
Emmanuel Kant dans sa "Critique de
la raison pure", ont su montrer du doigt
l'impossibilité pour l'homme de s'extérioriser pour mieux apercevoir les
fondements d'une logique universelle, à l’intérieur de laquelle il est lui
même assis, et qui saurait établir les bases d'un savoir vrai, issu
d'observations suffisamment objectives, de concepts clairs et vérifiables.
Pourtant l'idée même de pouvoir établir des postulats de toutes sortes
persiste encore et l'on n'a de cesse de toujours vouloir entreprendre de
mieux connaître l'origine, les raisons et le devenir de notre existence.
Le
chaos est décrit par beaucoup comme étant à l'origine du vivant ; les
organismes multicellulaires, y compris tout ce qui fait l'humanité, dont la
complexité à tous niveaux étonne encore, seraient des fruits inattendus d'un
heureux hasard. L’esprit, siège ou non de l’âme, serait en quelque sorte
l’aboutissement d’une somme peu intrigante de coïncidences. L'homme quant à
lui, faiseur de miracles, producteur de technologies, serait d'après ses
propres dires un être supérieur, celui qui, maître de son destin saura
comment considérer de la meilleure manière qui soit l'action
nécessaire et utile sur son environnement, pour le posséder et le
transformer à sa guise.
Nous voilà comme au temps
de Christophe Colomb : la terre depuis longtemps n’est plus au centre du
cosmos, que l'homme, lui, aujourd'hui, y est encore. La science parle et
métamorphose chaque jour notre conception de l'univers ; fort des dernières
découvertes en cosmologie, une pléiade de mondes nouveaux s'offriront mieux
à nos yeux dans les siècles à venir et, puisque la seule contemplation d'une
fleur n’y parvient pas toujours, ces visions, que nous peinons à imaginer,
nous obligeront à reconsidérer notre place dans l'univers, la portée de
chacune de nos existences et le tracé qu'elles devront s'efforcer d'épouser
pour ne pas s'anéantir. Mais le regard porté dans un télescope, dans un
microscope ou au travers d'un accélérateur de particules sur l'immensité et
la complexité de notre monde, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, ne
constitue pas à priori une conscience suffisante du monde : des pensées
métaphysiques sommeillent en chacun de nous ; les questions autour de
l'éternité de l'esprit, du devenir de l'âme, de l'existence de Dieu, nous
harcèlent mais nous semblent pourtant totalement utiles. Si la métaphysique
ne pourra jamais prétendre pouvoir décrire fondamentalement l'existence,
notre curiosité nous interdit d'y renoncer ; cette branche de la philosophie
qui cherche à expliquer le réel reste, dans les limites que nous lui
connaissons, l'efficace compagne des esprits libres et curieux qu'elle
sait garder dans l'humilité qu'il faut pour mieux comprendre des mécanismes
"naturels" dont personne ne possèdera jamais les plans...
A vrai dire, à force
d'investir la réalité - tellement large qu'il faut y intégrer non seulement
l'inerte et le vivant, mais aussi les interactions telles que les sentiments
et les émotions - tout le secret de l’existence semble se croiser dans les
choses les plus simples : le pétale d’une orchidée, le sourire d’un enfant,
la caresse d’une brise, le souffle d’un violon, l’affection d’un père, la
douceur d’une mère… Ce secret, ouvert à tous, se lit en nous, mais aussi
dans les étoiles perdues parmi les nébuleuses, dans la dispersion des
nuages, au sein même des atomes, et dans toutes les architectures fabuleuses
et étrangement organisées du Vivant. On le possède, chacun à notre manière ;
on le ressent davantage dans le silence, et de temps à autre on le laisse
s’exprimer au travers d’un regard, de paroles échangées, ou de quelques
peintures… Métaphysiques ?
Thierry
Ethève, septembre 2009
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En l'instant T
du Temps Qui passant
Laisse derrière lui
Souvenirs qui fuient
Aiguilles des horloges
Paille de sauge
L'éternité est arrêtée
Pour nous appeler
Et laisser dans nos têtes
L'éphémère ondée qui fête
Sur la langue de la vague
Sa vie éteinte à la dague
Du présent
Constant
Qui la fait renaître
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. : : :
"Notre univers
n'est pas un conglomérat chaotique d'où émerge la vie ; il est le fruit
d'une volonté qui nous dépasse, une unité parmi d'autres d'architecture
cellulaire dynamique dont les finalités nous échappent parce que nous en
faisons justement partie."
T.E.
Novembre 2009
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De
l'infiniment petit à l'infiniment grand la matière se révèle être constituée
de particules énergétiques. L'atome, d'une taille d'environ 1ångström (1 dix
milliardième de mètre) est la brique du cosmos. La plupart de ces briques,
dont nos corps aussi sont faits - elles-mêmes structurées chacune en un
noyau, composé de nucléons, autour duquel, à 50 000 fois son diamètre,
gravitent à la vitesse de la lumière des électrons - ont l'âge de l'univers.
Les mouvements
qu'elles engendrent font et défont les existences, de l'inerte comme du
vivant. Atomes, molécules, cellules vivantes capables de se régénérer... et
la pensée ? Et les émotions ? Les sentiments ? ... La combinatoire des
atomes qui a donné lieu à la fantastique apparition de la vie n'est-elle pas
finalement une étape dans une genèse de l'esprit qui va bien au delà du
monde visible ?
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"L'univers
est une
machine à
faire de la
conscience."
Hubert Reeves |
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"Ainsi soit-elle",
Et elle fut...
Donnée à la matière
Qui la livre et l'ondule,
La lumière éclaire et ravive
Les couleurs intérieures
De nos murs effacés.
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. : : :
"Peindre
pour moi est avant tout un plaisir, un besoin. Ma peinture reflète mon état
d'esprit : pensive, orientée vers les interrogations sur le sens de la vie
et sa conceptualisation : je veux entreprendre à travers elle une rencontre
avec moi-même, en tant que partie intégrante d'un tout qui me dépasse, qui a
permis mon existence et continue de générer celles de milliards d'autres.
J'essaie d'avoir un regard distant sur les choses.
Traces, empreintes, griffures, égouttage, collages, enduits ... toutes ces
techniques me sont familières parce qu'elles ne font qu'imiter les processus
de la construction physique de l'univers, et par là, ceux de la genèse des
consciences.
Si un tableau parle à celui qui le regarde, en surface il ne lui dira
peut-être pas les mêmes choses qu'à moi et cette riche variété des
points de vue devient elle-même une partie de l'oeuvre en rappelant combien
chacun de nous est unique.
Chaque fois, en peignant, quelque chose de nouveau se révèle à moi. J'ai le
sentiment non pas d'explorer un nouveau monde mais de découvrir, au plus
profond de mon être, celui dans lequel je vis déjà .
Thierry
Ethève
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.
: : :
Intuition
A peine
naissants, tels flocons éphémèrement déposés sur le sol accueillant, nous
aimons à espérer tout savoir, tout voir ; tout apprendre parce que l'être
social sommeille toujours en nous. Même en proie à la solitude, il nous
hante et conquiert une part de confiance dans le dialogue avec les concepts
que nous avons de nous-mêmes, des autres et du monde.
Tels flocons
volant en tous vents, puis posés là où ils n'avaient rien projeté, nous
ralentissons notre fonte et voulons la rendre jouissive. A mesure que nous
nous effaçons de la réalité perçue, chaque jour davantage, nous désespérons
de perdurer encore dans un monde fait d'atomes... tels flocons perdus sur la
branche d'un pin que l'hiver passager ne saura rendre à la postérité...
telles chrysalides ignorantes, chenilles à l'agonie, prostrées dans le cocon
qui les a vues s'échouer.
Voir le
soleil poindre à l'horizon, comme on voit la lumière radieuse envelopper peu
à peu la verte forêt, comme on aime qu'il reste encore bien qu'on le redoute
: ici est l'art de demeurer, d'exister sans tenter l'impossible pour ne pas
fondre, pour ne pas se changer et voler loin des souffrances que l'on fuit
pourtant déjà.
Non, la mort
n'est pas, elle n'a jamais été ; voilà la vérité. Elle n'existe que dans les
profondeurs des coeurs de ceux qui sont endeuillés. Ne cherchez personne
sous la tombe : ils n'y sont pas, comme nous, nous n'y sommes pas, et n'y
serons jamais. Personne n'y a choisi véritablement son logis, pas même celui
qui ignore que la matière est trompeuse et que sa concurrente la broie, la
ploie et dissimule son essence même, faite d'esprit, au creux de son
apparence qui nous éblouit.
Voilà
l'intuition qui vient à ceux qui savent s'émerveiller d'une goutte de rosée,
laisser le mouvement du tout les porter pour n'être que voiles arquées du
navire fait d'étoiles qui les a engendrés.
T.E., novembre
2009 |
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"J'ai
l'immense chance d'être né sur une terre aux couleurs sans pareil, modelée
avec toutes les cultures de la Terre ; une terre sans hostilité, faite de
tolérance et de convivialité, où chacun s'enrichit des différences des
autres. C'est un refuge, un écrin qu'il faut chercher dans l'océan... et que
personne ne peut quitter facilement."
Thierry
Etheve, 2010 |
I l e d e l a R
é u n i o n |
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